Les Amérindiens

L'origine principale des premiers habitants de l'Amérique remonte à 20 000 ans, lorsque dans la dernière période de glaciation de la planète, des habitants de l'Asie (apparemment mongoloïde) auraient traversé par le détroit de Béring pour se retrouver en Amérique. Les familles qui viendront peupler ce qu'on appelle aujourd'hui le Sud du Québec proviennent de l'une des dernières phases de migration aux alentours de 10 000 AA. Ces Amérindiens appartiennent à une famille linguistique appelée algique ou algonquine. La région du St-Laurent et des Grands Lacs, endroit de prédilection pour la chasse et la pêche,  fut témoin d'un passage fréquent des différentes tribus qui peupleront le territoire. La famille algonquine comprenait plusieurs sous-familles dont : les Chippewas, Cris, Ottawas, Népissings, Témiscamings, Abitibis, Algonquins et les Abénaquis. Il y en a eu bien d'autres, mais nous nous concentrons sur les familles qui ont habité le territoire dont il est question dans ce site. Ceux qui vont nous intéresser plus particulièrement sont les Abénaquis. Voyons maintenant cette famille amérindienne plus en détail.

Les Abénaquis ont été les Amérindiens qui ont occupé le plus longtemps la région estrienne. C'est par des cartes de la région, tracées par des explorateurs, que nous avons su qui ils étaient. Nous avons retrouvé plusieurs façons d'écrire ce mot soit : Abénaquoicts ou Abénaquis (cartes françaises) Abnaki ou Wabanaki (cartes anglaises) Wapanachki (cartes allemandes) Wampanoag (cartes puritaines de la N.- Angleterre). Comme vous pouvez le constater, il y a différentes façons d'écrire le mot, mais les historiens les ont toutes ramenées à une seule expression soit : les Abénaquis. La signification du mot Waban ou Woban serait aurore, point du jour, clarté et blancheur. Pour le mot aki, il signifierait l'est. Donc le mot Wabanaki signifierait  les habitants de la terre de l'aurore, du lever du soleil ou habitants du pays qui est à l'est.

Le peuplement amérindien

Pour avoir la certitude qu'il y a bel et bien eu des Amérindiens dans cette région, des experts ont dû pratiquer des fouilles sur des sites près des lacs et rivières pour découvrir des traces de peuplement. D'après les fouilles, plusieurs  vestiges de campements saisonniers ont été retrouvés autour de ce qu'on appel aujourd'hui Capelton, soit à la rencontre des rivières Coaticook et Massawippi. Le traitement des objets date leur présence de 8 000 à environ 3 000 AA, soit à l'époque archaïque. D'autres fouilles nous ont montré qu'il y avait aussi eu des traces de nomadisme dans la région de Magog (Pointe Merry) jusqu'à Lennoxville. Cette autre vague daterait de 3 000 à 1 000 AA, d'après les objets de terre cuite retrouvés, soit dans la période sylvicole. Pour que des nomades choisissent de s'installer dans cette région, il y a dû y avoir des événements importants qui ont poussé des populations  amérindiennes à s'établir ici. D'après les historiens, après l'arrivée de Champlain en Amérique, il y eut des guerres entre Mohawks et Abénaquis, au Nord des Grands Lacs. Les victoires successives des Mohawks ont poussé les Abénaquis à remonter plus au Nord. Ils ont donc remonté les rivières Connecticut, Memphrémagog, Yamaska, St-François et leurs affluents pour finalement s'établir dans la région des fourches, soit à l'embouchure de la rivière St-François. Les Français, dans un désir d'assimilation de la population amérindienne avaient formé un village qui portait le nom de St-François. Ce village représentait plus une réserve de soldats pour les prochaines guerres et des guides pour les expéditions. 

Les Abénaquis pratiquaient la chasse et la pêche. Frontenac, le gouverneur de la Nouvelle-France, avait donné l'exclusivité des droits de pêche dans la région aux Abénaquis. Ils faisaient du commerce de fourrure avec les blancs et construisaient d'excellents bateaux d'écorce, qui étaient le seul moyen de circulation dans les Cantons de l'Est.

Après la guerre d'Indépendance Américaine en 1783, beaucoup de gens désiraient obtenir des terres dans la région au sud des seigneuries du St-Laurent. Le gouvernement voulait garder ses terres pour faire une sorte de zone tampon entre les 13 colonies du sud et les terres de la nouvelle Province du Québec. Le gouvernement britannique voulait ensuite le laisser aux Canadiens français pour s'assurer de leur fidélité face à une guerre imminente. Cette région montagneuse était un endroit convoité par bien du monde. Un voyageur, qui passait dans la région, avait même pris le temps d'admirer le paysage et l'avait décrit ainsi:

« Nous arrivâmes au grand portage ou sault, qui reçoit la rivière en deux branches, l'une du Mégantick, E(st) N(ord) E(st) et l'autre du lac Mara ou Magock, O(uest). Pendant que le sauvage portait le canot et le bagage, je m'amusai à lire les noms, écrits sur les pierres et sur les bois équarris, de ceux qui avaient été envoyés là en découverte et les noms très nombreux des étrangers qui y avaient passé depuis la découverte de ces régions. Un jour à venir cet endroit sera bien établi et de conséquences, parce qu'il sera l'entrepôt  d'un lieu où tout va. Nos petits-enfants et nos arrière-neveux verront cela. » [1]

Les Amérindiens avaient compris que les Cantons de l'Est était un endroit idéal pour s'établir. Déjà, des explorateurs avaient remarqué que les Cantons de l'Est et la région de Sherbrooke, étaient des endroits de prédilection pour les générations à venir. Voyons maintenant comment le peuplement s'est déroulé dans la seconde phase soit celle des loyalistes.


[1] JEAN-PIERRE KESTEMAN, Histoire de Sherbrooke, p. 18 

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Le peuplement des Cantons de l'Est